[REGARDS CROISÉS] CLIENT-TRADUCTEUR : Comment faire passer l’émotion en traduction artistique ?

Boris, fondateur de Réflexivité(s) et Sasha, traductrice nous parlent de poésie ou comment faire passer l’émotion à travers des traductions créatives.
Une rencontre sur-mesure.

Réflexivité(s) est une manifestation photographique unique dans le village provençal de Lourmarin. Cette série d’expositions crée la rencontre entre les mots et les images sur le thème de l’anthropologie, à travers des textes d’auteur et des photographies.
« L’écriture qui porte les photos amène le public à mieux appréhender ce qu’il va voir, au-delà de la surface des images », nous confie Boris Pierre.

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Boris, fondateur de la manifestation photographique Réflexivités.

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Anthropologue et traductrice anglo-française vivant en Colombie.

Traduire un texte d’auteur :
un exercice difficile.

Pierre Mastalski 49 ans bientôt 50 ! Après avoir passé 25 ans dans des sociétés Pulchérie Gadmer, passionnée d’anthropologie alors qu’elle est rédactrice, a écrit un texte très très long, très lyrique. Même en français il faut le relire plusieurs fois. Quand déjà à la première lecture on ne saisit pas tout en français, on peut s’imaginer que le traduire en anglais, ce n’est pas simple. Donc là, on a dû passer sur la transcréation.

Le plus important dans
une traduction créative ?

L’émotion. 

On parle d’écriture créative. Moi, je n’aime pas trop ce mot “créatif”. Ce qu’on met dedans, ça ne parle pas. Je parlerais plutôt d’écriture lyrique, de sonorités, de sonorité des mots.

 Il y a l’interprétation du mot, il y a la signification du mot, et également comment résonne ce mot dans notre voix quand on le lit à voix haute ou même quand on le lit juste là, dans notre esprit.

En quoi la traductrice s’est-elle démarquée ? 

Je crois que ce qui a bien fonctionné avec Sasha, c’est qu’elle est passionnée d’anthropologie. Tout cela faisait sens et c’est cette sensibilité qui fait la différence.

La vision de Sasha, traductrice anglo-française

Ce texte m’a beaucoup touché

Au moment où j’étais en train de traduire j’étais dans le contexte colombien, j’étais en Amazonie, j’étais entourée de tout ce dont il parlait.

J’ai trouvé ça intéressant de faire ce travail de manière poétique, parce qu’en tant qu’anthropologue, on parle beaucoup de traduction et du fait que traduire c’est aussi d’une certaine façon, trahir, mais trahir la langue d’arrivée pas la langue de départ. C’était une des traductions les plus intéressantes que j’ai faite car elle se rapprochait beaucoup de mon cœur le sujet. 

Du coup, de passer par ma sensibilité, il fallait que je passe par mon cœur, je pouvais pas juste être dans la traduction de mots, mais que je me connecte vraiment à ses émotions, à ses concepts.

Qu’est-ce qui a facilité la traduction ?

Je pense que la binationalité m’a aidée et aussi vraiment le fait de connaître un peu le contexte. 

Je sentais que d’avoir fait des études en français, d’avoir beaucoup lu la littérature française m’a aidé à pouvoir saisir, et encore, parfois, il y avait des expressions où je n’étais pas sûre, parce qu’en fait, même pour un Français, on ne sait pas vraiment ce que c’est.

Que retenez-vous de votre expérience avec MyBrian ?

Ce qui m’a plu, c’est la facilité de l’application, de pouvoir échanger avec le traducteur en live pour lui permettre de mieux s’approprier la traduction. C’est d’une facilité déconcertante. Et puis ensuite bien sûr la disponibilité. Car il faut savoir que ces traducteurs sont assez rares, avec la sensibilité que je demandais pour un sujet très particulier.

MyBrian en 3 mots ?

Professionnalisme, disponibilité et écoute.