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Diversité culturelle : un enjeu pour les entreprises

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Diversité culturelle : la clé d’une réussite financière

Contrairement aux prévisions d’un grand nombre d’experts, le ralentissement économique actuel pousse les entreprises à se développer à l’international. Leur capacité à gérer intelligemment la diversité culturelle est un enjeu de taille sinon le plus important pour leur réussite.

 L’Economist Intelligence Unit a mené une enquête mondiale auprès de 600 experts indépendants et cadres dirigeants de grandes entreprises. 70% d’entre eux reconnaissent qu’une meilleure coopération transfrontalière a été un facteur décisif dans l’amélioration de la performance de leur entreprise. Les enjeux de la diversité culturelle en entreprise sont donc immenses. Si l’on y est bien préparé, cette diversité est une richesse et un atout. Mais pour réussir sur les marchés étrangers, cela implique une réelle sensibilité culturelle accompagnée de fortes compétences en communication.

Environ la moitié des cadres interrogés reconnait qu’une communication inefficace a fait obstacle à d’importantes transactions internationales.

Enfin, une écrasante majorité est convaincue que si leur entreprise avait une meilleure politique de communication transfrontalière, cela se traduirait par un accroissement des bénéfices, des revenus et des parts de marché.

Les équipes multiculturelles sont plus innovantes

D’après le professeur Adler de l’université McGill de Montréal, les équipes multiculturelles ont un plus grand potentiel de créativité. Elles s’intéressent naturellement aux nouvelles tendances à travers le monde. Leurs décisions reposent donc sur une meilleure perception de tous les enjeux du moment. Deuxièmement, elles sont moins conformistes ou moins influencées par la pensée unique qui affecte souvent les équipes constituées de personnes de culture similaire. 

Même si les entreprises ont bien pris conscience de l’impact d’une bonne communication pour leur réussite, toutes ne se donnent pas les moyens d’y parvenir.

La mondialisation des marchés, l’internationalisation des activités économiques et les flux migratoires poussent les entreprises à se redéfinir .  Elles doivent se tenir prêtes à relever les défis, reconnaître les dangers de l’inaction et faire preuve d’innovation dans leurs méthodes de résolution des problèmes. Et ceci en s’appuyant sur leur ressource la plus précieuse : leurs employés et leur diversité.

Interculturel : miser sur l’interaction sociale

Deux pays qui partagent une langue commune ont un volume d’échanges supérieur de 42%. Les différences culturelles constituent donc le premier un obstacle à la construction de relations étroites.

Le rapport cite en exemple le fabricant suédois de camions SCANIA pour sa coopération transfrontalière réussie avec le Brésil. Il souligne l’importance des rencontres entre collègues, clients, fournisseurs et partenaires établis dans d’autres pays. Selon SCANIA, l’interaction sociale reste la meilleure arme pour lever les barrières culturelles. Elle permet de décoder « physiquement » les singularités de chacun afin de mieux composer avec.

Les liens sociaux une fois créés facilitent la collaboration à distance. On pourrait établir un parallèle avec la nouvelle tendance du commerce phygital. Le phygital allie le monde physique à celui du digital. Le consommateur, pour valider son achat, sera rassuré de voir le produit avant de l’acheter en ligne.

Bien comprendre les codes de ses interlocuteurs

Les divergences de codes et normes entre deux pays sont une source fréquente de malentendus. Elles représentent le plus grand obstacle à une coopération fructueuse telle qu’une vente, un contrat, une fusion, une acquisition ou un investissement direct à l’étranger.

Les entreprises doivent faire prendre conscience à leurs employés que le monde ne cherche pas à leur ressembler et les sensibiliser à faire des efforts d’empathie et d’ouverture à l’autre.

Le sociologue hollandais Geert Hofstede a établi un index de distance par rapport au pouvoir (Power Distance Index) qui mesure le degré d’acceptation culturelle de chaque nation et permet notamment d’évaluer les risques de friction possibles entre un pays à contexte fort et un pays à contexte faible.

Pour illustrer le propos, comparons la Chine aux Etats-Unis au démarrage d’une négociation. L’un considéré comme un pays à contexte fort, l’autre à contexte faible. Tandis que les Chinois sont dès le départ habitués à s’exprimer en termes plus vagues, les Américains sont très explicites et pressés d’en arriver au point essentiel.

Une plus grande attention prêtée aux gestes, à la tonalité et au contexte de la conversation entre deux pays culturellement éloignés évitera les conflits.

Communication asynchrone, atouts et limites

La communication asynchrone (e-mail, courriers, sms, messagerie, forums) en s’affranchissant des contraintes temporelles et spatiales de la mondialisation, garde sa première place sur le podium des moyens de communication les plus utilisés.

En laissant une trace, l’écrit permet également rigueur et formalisme. Il pose néanmoins une difficulté de taille. L’absence de langage corporel et d’interaction directe peut appauvrir la relation. Parfois même provoquer litiges et contentieux entre interlocuteurs qui ne parlent pas la même langue.

Attention donc à la qualité des messages et de leur traduction en l’absence de son et d’image. En effet, bien comprendre et se faire comprendre nécessite des aptitudes et des efforts supplémentaires qu’il est important de considérer dans la prise en compte de la diversité culturelle.

Sources : Rapport de l’Economist Intelligence Unit (Comment les barrières culturelles et linguistiques affectent les affaires)

A lire : Enjeux de la traduction