COVID-19 et détresse étudiante, le youtubeur Gaspard G. confie la traduction des sous-titres de sa vidéo à MyBrian

Retour sur une vidéo Youtube virale où GaspardG dénonce le mal-être étudiant face à la crise sanitaire en France.
En geste de solidarité, MyBrian a réalisé la transcription et la traduction des sous-titres vidéo en anglais du youtubeur GaspardG.

Gaspardg confie la traduction des sous-titres de sa vidéo à MyBrian

De nombreux témoignages d’étudiants conduisent le jeune youtubeur à agir

Le 22 janvier 2021, le vidéaste et youtubeur Gaspard Guermonprez, suivi par 185 000 abonnés sur les réseaux sociaux, publie une vidéo émouvante dénonçant la réalité des étudiants qui subissent depuis presque un an un véritable isolement lié à la COVID-19. Ses mots, repris de témoignages réels, sont un appel de détresse de toute une génération emprisonnée. 

En quelques jours, la vidéo, intituléeLes meilleures années de nos vies”, devient virale et compte aujourd’hui plus de 2,7 millions de vues sur Instagram et 69 000 sur Youtube.

« Pas de solutions miracles à proposer, mais un appel général à la reconnaissance. Au sens du sacrifice de notre génération, car même quand c’est dur d’y trouver encore du sens, nous, étudiants de France, vivons littéralement enfermés depuis presque un an, dans ce qu’on nous a pourtant décrit comme “Les meilleures années de nos vies.” »

Grâce à la traduction des sous-titres sur Youtube : la voix des étudiants de France entendue au-delà des frontières

Conscient des conséquences que cette situation inflige aux étudiants et engagé quotidiennement dans l’apprentissage des jeunes, MyBrian a souhaité s’associer à Gaspard G en lui proposant de réaliser la traduction des sous-titres de sa vidéo en anglais. Une action solidaire pour que son message soit relayé au-delà des frontières !

Une proposition qui a immédiatement séduit le jeune influenceur sensible à l’idée d’adresser son message à une audience internationale.

Vous pouvez retrouver les sous-titres de la vidéo ou la visionner sur Youtube

Traduction des sous-titres de la vidéo Youtube de GaspardG
Version française et version anglaise

Cette pièce, la seule pièce

“Cette histoire est inspirée d’une histoire vraie. C’est l’histoire de Heïdi, de Antonin, de Hugo. La réalité de Rayan, de Émilie, de Clara et de millions d’autres. 

Depuis presque un an, ma chambre est devenue mon bureau, mon lieu de repos, mon cinéma, mon amphi, ma BU, ma cafét et, il est vrai, un mini-bar quand je craque. 

Cette pièce, la seule pièce. Celle qui nous sert de repère dans un monde devenu fou. Celle qu’on veut quitter pour de bon comme un naufragé pris au piège. Nous les étudiants, nous les confinés, nous les Robinsons modernes. 

Faire semblant que tout va bien

Notre avenir se ternit, nos rêves s’estompent, nos cours s’annulent. La lassitude et l’incertitude font désormais partie de notre quotidien. Mais le temps, les concours, les partiels, eux, ne s’arrêtent pas. On nous demande d’alimenter un CV à tout prix sur un marché du travail toujours plus compétitif, avec des premiers jobs, des premiers stages qui aujourd’hui n’existent plus. Si on n’a pas d’espoir, pas de perspectives d’avenir quand on a 20 ans, alors que nous reste-t-il ? 

Malgré la volonté et la bienveillance du corps enseignant, il y a des choses qui ne se remplacent pas. Au mieux, le décrochage, l’abandon, le désintérêt, l’échec, et la fatigue de nos écrans. Au pire, les suicides par centaines, les appels de détresse de dizaines de milliers d’autres, et en globalité, une chute sombre de notre santé mentale. L’isolement est réel.

Le livreur de pizza devient un camarade, le papillon de nuit un vieux copain. À cette solitude s’ajoute pour beaucoup une précarité, un stress économique. Alors je peux tenir longtemps de faire semblant que tout va bien sur une musique au piano…

Une génération de morts-vivants

Mais à quoi sert-il de vivre si c’est pour laisser place à une génération de morts-vivants. Le coût de cette maladie dépasse les couloirs d’hôpitaux et les cimetières. Il est humain. De l’éducation de nos enfants, à la socialisation des ados. J’en viens presque à m’estimer chanceux. Chanceux d’avoir pu profiter de mes premières années universitaires, même si cette pandémie m’a volé la fin de mes études, mon Erasmus, des rencontres mortes dans l’oeuf j’ai pu rencontrer, pour de vrai, mes professeurs et mes camarades dans un temps qui semble désormais bien loin.

Nous sommes français, européens, être étudiant signifie donc pour beaucoup aussi la découverte de l’étranger. Habiter une autre ville, une autre culture. Vous avez eu la chance de le faire, alors pourquoi pas nous ?

Adieu Montréal.

Adieu Paris.

Adieu Londres.

Adieu Berlin.


Un ordinateur portable pour seul interlocuteur ?

“C’est dur d’avoir 20 ans en 2020” formule du gouvernement qui navigue à vue d’œil depuis des mois, les médias et politiques s’étonnent du désintérêt de notre génération lors des rendez-vous électoraux.

Mais dans leur bouche, nous étions tous à cette rave party bretonne. 

Pourtant quand je marche dans la rue, les “sans-masques” sont souvent des aînés réfractaires Sûrement leur manière à eux de nous dire :” Merci”

A quoi sert-il de vivre, si c’est pour vivre terré sans culture, sans rencontres, un ordinateur portable pour seul interlocuteur ?

Génération sous anti-dépresseur, je m’interroge. Pas de solutions miracles à proposer, mais un appel général à la reconnaissance. Au sens du sacrifice de notre génération, car même quand c’est dur d’y trouver encore du sens.

Nous, étudiants de France, vivons littéralement enfermés depuis presque un an, dans ce qu’on nous a pourtant décrit comme “Les meilleures années de nos vies.”

Ce texte est inspiré du millier de témoignages que j’ai pu recevoir par messages.

Bravo aux étudiants pour leur courage et leur résilience.

This one, single room

The story you are about to hear is based on a true story. It’s the story of Heïdi, Antonin and Hugo. It represents the world of Rayan, Emilie, Clara and millions more.

For almost a year now, my bedroom has been my office, my lounge, my cinema, my lecture theater, my university library, my cafeteria and yes, even a mini-bar when it all gets too much. 

This one, single room. It is a place that gives you something to hold onto in a world that has gone mad. It is a place you want to leave behind forever, like a castaway trapped on a desert island. We the students, we who are locked down; we are the modern-day Robinson Crusoes.

Pretending everything is okay

Our future is growing dimmer, our dreams are fading, our classes are cancelled.  Weariness and uncertainty have become part and parcel of our daily lives. But time, exams and mid-terms tests, they don’t stop. Because the labor market is increasingly competitive, we are told we need to keep adding to our CVs, whatever it takes, by taking our first little jobs, or first internships; but today, you can’t even find these. If we have no hope or prospects for the future when we’re 20 years old, then what else is left for us? 

Despite all the goodwill and best efforts of the teachers, there are some things you just can’t replace. At best, we start to fall behind, lose interest, drop out, and fail, or just get tired of our screens. But there is much worse! We have seen hundreds of suicides; there are tens of thousands of students in distress, calling out for help; and overall, a deep, dark decline in our mental health. The sense of isolation is real.

The pizza guy becomes a buddy, the moth on the wall at night is like an old friend. Added to this solitude, many are faced with financial insecurity and the related stress.  can go a long time pretending everything is okay, listening to some piano music…

A generation of walking dead

But what’s the point of living if you are going to end up like a generation of walking dead. The toll of this disease goes far beyond hospital corridors and cemeteries. There is a broader human toll. From the education of our children to the social values of teenagers. I almost feel lucky. Lucky that I was able to enjoy my early college years, even though this pandemic put an end to the final stages of my studies, my Erasmus exchange, and the encounters that I would have made. I actually got to meet my teachers and classmates in the flesh at a time that now seems far far away.


We are French, Europeans… so, for many of us, being a student also means learning about life abroad. Living in another city, experiencing another culture. You had the chance to do it, so why can’t we?

Goodbye Montreal.

Goodbye Paris.

Goodbye London.

Farewell Berlin.


With only a laptop to talk to?

« It’s hard to be 20 in 2020. » This is the phrase coined by a government that has been improvising along its way for months; the media and politicians are surprised at our generation’s lack of interest when it comes to election time.

But when you listen to them, it’s as if we all took part in that rave party in Brittany.

Yet when I walk down the street, it seems the « ones without masks » are often our rebellious elders; it’s probably their way of telling us: « Thank you »

What’s the point of living, if it means living without culture, not being able to meet people, with only a laptop to talk to?

As part of the « generation on anti-depressants », I am asking myself questions. I have no miracle solution to propose, but I ask that we be recognized. That there be a sense to our generation’s sacrifice, even when it’s hard to make sense of anything anymore.

As students in France, we’ve literally been living in lockdown for almost a year, during what we were told would be the best years of our lives. 

This text draws on the thousands of testimonials that I have received by text message. 

Well done to all our students for their courage and resilience.