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8 mars 2018

Personne ne sait où je suis réellement mais il est très rare que je ne sois pas joignable.

Nous avons interviewé Geneviève, l’une de nos traductrices, avec qui nous avons une relation privilégiée. En effet, Geneviève nous suit depuis les tous débuts de MyBrian et fait donc partie de nos « Brians »(*) favoris. ((*) Brian = façon amicale de surnommer nos traducteurs et traductrices).

Geneviève vit en France depuis une trentaine d’années et parle le français avec un accent britannique à peine perceptible. Née en Angleterre d’une mère anglaise et d’un père français, jusqu’à ses 18 ans, elle n’a parlé qu’anglais à la maison. Elle a fait toute sa scolarité en Angleterre où elle y a étudié le français en deuxième langue puis, le bac en poche, est partie faire ses études à Lyon. Elle n’a eu guère de contact quotidien avec la langue française hormis à l’école et à l’occasion de quelques séjours en France dans la famille de son père.

« J’avais certes une meilleure compréhension du français que mes camarades de classe, mais j’étais également l’exemple typique de la fille qui étudie une langue étrangère et qui ne la parle pas ! Je pouvais faire une dissertation sur Molière mais je n’ouvrais pas la bouche ! »

C’est lors de sa première immersion en France en tant que jeune fille au pair que Geneviève se met à pratiquer le français et depuis on peut dire qu’elle s’est bien rattrapée !

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Formation linguistique et traduction : la frontière est ténue

Ses premières traductions, Geneviève les expérimente d’abord pendant l’épreuve du bac de français en Angleterre où il lui est demandé de faire des thèmes et des versions puis plus tard pendant ses études supérieures : « J’ai commencé à faire des traductions en troisième année de licence et me suis aperçue que j’aimais beaucoup ça ! Avec le recul si j’avais su, j’aurais fait une vraie école pour devenir traductrice».

Mais c’est surtout lorsqu’elle démarre sa vie professionnelle en donnant des cours d’anglais en entreprise que ses premiers clients commencent à lui demander de faire des traductions. Geneviève se révèle alors dans cet exercice souvent difficile. Et même si aujourd’hui encore elle mène ces deux métiers en parallèle, la majeure partie de son activité est générée par ses travaux de traduction.

« J’ai beaucoup de clients chez qui je fais les deux. La traduction pour moi est très complémentaire avec la formation. Par exemple, je peux enseigner l’anglais à quelqu’un dans un domaine particulier qui peut me servir plus tard pour la traduction et vice-versa » et d’ailleurs à qui elle s’amuse  à dire : « Ne m’ennuyez pas (pour rester polie) avec Google, je suis aussi traductrice !!! »

Geneviève raconte avec un sourire non dissimulé avoir eu à relire un document financier dans lequel le mot CALIFORNIA figurait à plusieurs reprises : en interrogeant son client elle comprend alors que le texte a été traduit avec Google Traduction. L’acronyme « CA » au lieu d’être associé à Chiffre d’affaires l’avait été à un Etat d’Amérique.

« La traduction est un métier exigeant qui demande de la profondeur, de la curiosité et de la précision. Il faut être intéressé par ce que l’on traduit sinon le résultat s’en fera ressentir. Il faut presque être hyper maniaque ! Il ne suffit pas d’avoir une assez bonne compréhension d’une langue. Il faut faire très attention à la compréhension du texte source, savoir lire entre les lignes et ne pas hésiter à poser la question à son client : êtes-vous sûr que c’est ce que vous voulez dire ? ai-je bien compris le sens de votre phrase ? Et il m’est arrivé de repérer des erreurs dans le document d’origine, je ne sais pas faire de la poésie avec un document d’origine mal écrit (rires)…J’aime bien avoir un contact direct avec le client pour poser une question quand j’ai un doute ou quand ça n’est pas clair pour moi. »

Le client idéal comprend la difficulté du métier

« Le client idéal est celui qui comprend la difficulté de la traduction et qui reconnaît que ce n’est pas forcément très simple de traduire. C’est également celui qui est disponible si j’ai des questions ou qui va me mettre en contact avec la personne qui va m’aider à trouver le mot qui correspond ou me fournir un glossaire. »

« La plupart de mes clients ne m’ont jamais vue à part ceux à qui j’ai enseigné l’anglais, au bout d’un certain temps quand on a un bon contact, c’est sympa de se rencontrer.  »

« Quand je traduis je ne délègue jamais, dans une agence je n’aurais pas la main. Je n’ai personnellement jamais travaillé pour une agence…. »

Nous sommes d’autant plus flattés que tu aies rejoint l’aventure MyBrian !

« J’ai vu le travail des agences sur des volumes de traduction distribués à plusieurs personnes, on voyait les styles d’écriture différents. Je recherche la cohérence. Je traduis par-dessus le document Word sans logiciel, je pourrais avoir un crayon et un papier ce serait pareil ! parfois je me dis que je devrais tester un jour un logiciel de traduction assistée mais j’aurais l’impression qu’il faut que je reprenne le travail. »

J’aime quand ça change, je découvre !

Comme tout freelance, Geneviève apprécie avant tout d’être libre et de travailler quand elle le souhaite. Elle reconnaît volontiers qu’en contrepartie, il faut accepter de vivre avec l’incertitude des revenus et ne pas toujours avoir beaucoup de visibilité. Il faut admettre que la relation client-traducteur se fait majoritairement à distance.

« J’ai besoin de variété, j’aime quand ça change sinon je m’ennuie très vite : quand on traduit, on découvre un univers, on doit faire des recherches pour comprendre le sujet, personnellement j’apprends beaucoup de choses et j’aime ça. Aujourd‘hui, par exemple, j’ai travaillé pour Linguee sur des définitions pour les dictionnaires, j’ai ensuite traduit un document pour des avocats et tout à l’heure je vais traduire un pitch pour une start-up dans les nouvelles technologies. Hormis la traduction médicale et littéraire qui ne sont pas mes domaines de prédilection, je fais de la traduction dans des domaines très différents. Il peut s’agir de traduction juridique dans le droit social, de contrats, de courriers, de traduction financière, et de plus en plus de traduction de sites web extraits dans Word.»

« Je travaille en fonction de ce que j’ai à faire, personne ne sait où je suis réellement mais il est très rare que je ne sois pas joignable. Ça me laisse de la liberté de mouvement. Et d’une manière générale, je suis particulièrement flexible, ma philosophie étant d’être disponible pour mes clients. La plupart du temps, ils veulent leur traduction pour hier ! Très honnêtement, ils sont souvent en retard pour fournir leur document à traduire, en revanche, ils ne veulent pas être en retard pour rendre la traduction. Mes clients vont donc particulièrement apprécier ma disponibilité et ma réactivité.»

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MyBrian, un service à la portée de tout le monde

Côté client, qu’est-ce qui te paraît intéressant chez MyBrian ?

« C’est intéressant pour tous les gens qui n’ont pas de traducteur attitré. Ils n’ont personne dans leur réseau, n’ont pas l’amie ou la belle-sœur anglaise disponible. Avoir la possibilité d’utiliser MyBrian qui est à la portée de tout le monde et qui est facile à utiliser. Je trouve également intéressant pour le client de pouvoir évaluer son budget par rapport à son urgence, est-ce une réelle urgence ou pas ? puis-je attendre un peu et payer moins cher ? »

Et côté traducteur ?

« En tant que traductrice, le service MyBrian colle assez bien avec ma façon de fonctionner alors que pour d’autres traducteurs ça peut ne pas convenir. Ça me permet avec MyBrian d’avoir un apport de travail supplémentaire avec beaucoup de flexibilité. Je sais si j’ai une journée assez chargée ou une journée assez cool : là je peux ou je ne peux, c’est moi qui décide. J’aime bien aussi l’idée de pouvoir échanger avec le client et lui laisser la décision sur une terminologie. Pouvoir lui faire prendre conscience qu’un terme est par exemple typiquement français et que je ne peux pas le traduire. C’est au client de me donner ses consignes, mon travail c’est de rendre le document le plus proche possible du document d’origine et de l’adapter si besoin. »

Le cinéma pourquoi pas !

Pour clore cet interview on a voulu savoir ce que Geneviève aurait toujours aimé traduire qu’elle n’ait jamais traduit.
« Les films sont tellement mal traduits, la qualité des sous-titres est souvent déplorable, alors oui j’adorerais être traductrice de sous-titrage !!!! ».

Hum MyBrian va se pencher sur la question !

Merci Geneviève pour ton temps et ta disponibilité, on est fier de t’avoir parmi nos Brians !